Maltraitance des personnes âgées : reconnaître les signes, agir et signaler
Les bons réflexes pour protéger un proche vulnérable.
Maltraitance en EHPAD ou à domicile : reconnaître, agir, signaler
La maltraitance des personnes âgées est une réalité encore trop souvent tue. Elle peut survenir à domicile comme en établissement, et prend des formes qui ne se limitent pas aux violences physiques.
Reconnaître les signes, savoir qui appeler, comment agir : ce guide vous donne les repères essentiels.
Vous recherchez une résidence seniors ou un EHPAD ?
Contactez Ascelliance : service gratuit
-
Prenez rendez-vous
Conseillère experte en gérontologie
Rendez-vous en ligne
Appelez-moi / Nous contacter
Votre de demande de renseignements a bien été prise en compte,
notre équipe y répondra dans les plus bref délais.
Qu'est-ce que la maltraitance sur personne âgée ?
La maltraitance se définit comme tout acte ou omission — qu'il soit volontaire ou non — causant un préjudice à une personne âgée ou en situation de vulnérabilité. Elle est commise par une personne en lien de confiance, de dépendance ou de soin : un proche, un aidant familial ou un professionnel.
En France, les formes les plus fréquentes sont :
- Maltraitance psychologique (~35 %) : humiliations, insultes, chantage affectif, mise à l'écart, menaces.
- Maltraitance financière (~35 %) : abus de faiblesse, détournements d'argent, pressions sur la succession, vols.
- Maltraitance physique (~15 %) : coups, contentions abusives, soins ou toilettes brutaux.
- Négligences actives : privation intentionnelle de soins, de nourriture ou d'hygiène.
- Négligences passives : manque d'attention ou de surveillance, isolement progressif.
- Maltraitance sexuelle : tout acte ou contact à caractère sexuel non consenti.
- Maltraitance institutionnelle : protocoles rigides, manque de personnel, non-respect de la dignité ou de l'intimité en établissement.
À domicile ou en établissement : personne n'est à l'abri
Contrairement à une idée reçue, la maltraitance ne se produit pas uniquement en EHPAD. Elle est même plus fréquente à domicile, au sein de la sphère familiale.
- À domicile : conjoint, enfant, autre membre de la famille, aidant professionnel (aide à domicile, infirmier, etc.).
- En établissement : EHPAD, résidence seniors, unité de soins de longue durée. Elle peut être le fait d'un professionnel, d'un autre résident ou d'un visiteur.
Les signaux d'alerte à repérer
Pour signaler la maltraitance
Certains signes doivent alerter, même si chacun, pris isolément, peut avoir une autre explication. C'est leur répétition ou leur accumulation qui doit conduire à agir.
Signes physiques
- Hématomes ou blessures inexpliquées, à différents stades de cicatrisation.
- Perte de poids rapide, dénutrition visible, déshydratation.
- Mauvaise hygiène corporelle ou vestimentaire persistante.
- Plaies de pression (escarres) non signalées ou mal prises en charge.
Signes psychologiques et comportementaux
- Repli sur soi, peur, pleurs fréquents sans raison apparente.
- Agitation ou anxiété inhabituelles en présence de certaines personnes.
- Déclarations de la personne âgée elle-même (même vagues ou minimisées).
- Comportement de l'entourage : nervosité, réponses à la place de la personne, refus de laisser la personne seule.
Signes financiers
- Retraits bancaires inhabituels ou importants.
- Changement soudain de testament, de mandataire ou de bénéficiaire d'assurance-vie.
- Factures impayées alors que les ressources sont suffisantes.
- Impossibilité pour la personne d'accéder à son propre argent.
Le 3133 : le numéro national pour signaler une maltraitance
Depuis le 1er mars 2026, le 3133 est le numéro national officiel pour signaler toute situation de maltraitance envers un adulte vulnérable — personne âgée, adulte en situation de handicap ou en situation de précarité. Il remplace et succède au 3977 (Allô Maltraitance / ALMA).
|
3133 — Numéro National contre les Maltraitances |
|
|
Coût et confidentialité |
Gratuit et anonyme depuis un poste fixe ou mobile. |
|
Disponibilité |
7 jours sur 7, de 9h à 20h. Accessible aussi aux personnes sourdes ou malentendantes via plateforme dédiée. |
|
Qui peut appeler ? |
Victimes, témoins, familles, professionnels. Tout adulte inquiet pour une personne vulnérable peut appeler, même sans certitude. |
|
Ce qu'il propose |
Écoute professionnelle par 21 écoutants spécialisés (appuyés par des psychologues cliniciens), évaluation de la situation, orientation vers les autorités compétentes (ARS, Conseil Départemental, DDETS). L'appelant est tenu informé par email de la suite donnée à son signalement. |
|
En cas d'urgence |
Le 3133 n'est pas un numéro d'urgence. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU), le 17 (Police) ou le 18 (Pompiers). |
|
Et le 3977 ? |
Le 3977 (Allô Maltraitance — ALMA) a été remplacé par le 3133 depuis le 1er mars 2026. C'est désormais le 3133 qu'il faut composer. |
Que faire concrètement si vous suspectez une maltraitance ?
Ne restez pas seul face à vos doutes.
Voici les étapes à suivre, dans l'ordre.
- Ne restez pas seul avec vos doutes : Parlez-en à un proche de confiance, à votre médecin traitant ou à une assistante sociale. Mettre des mots sur ce que vous observez est déjà une première étape.
- Appelez le 3133 (7j/7, 9h-20h) : Vous n'avez pas besoin d'être certain pour appeler. L'écoutant évaluera avec vous la situation et vous orientera selon la gravité. L'appel est gratuit et anonyme.
- En cas de danger immédiat, appelez le 15, 17 ou 18 : Le 3133 n'est pas un numéro d'urgence. Pour toute situation de danger physique grave et imminent, contactez directement les secours.
- Faites appel à un accompagnement professionnel : Un·e conseiller·e sociale en gérontologie peut vous aider à évaluer la situation globale, constituer un signalement si nécessaire, et coordonner les différents intervenants — famille, équipe médicale, services sociaux.
Bon à savoir : vous n'avez pas à apporter de preuves
Un signalement peut être fait sur la base de simples doutes ou d'observations. Vous n'êtes pas tenu·e de prouver quoi que ce soit avant d'alerter. C'est aux professionnels compétents d'évaluer et d'agir. Votre appel peut sauver une vie.
Vos questions sur la maltraitance des personnes âgées
Voici les questions que nous posent le plus souvent les familles et les proches aidants.
Qui peut appeler le 3133 pour signaler une maltraitance ?
Tout le monde : un proche, un voisin, un professionnel de santé ou du secteur médico-social. Il n'est pas nécessaire d'être témoin direct. Si vous avez des doutes, si la personne vous a confié quelque chose — cela suffit. Signaler n'est pas accuser, c'est protéger.
L'appel au 3133 est-il anonyme ?
Oui. Le 3133 est gratuit et anonyme depuis un poste fixe ou mobile. Si vous êtes professionnel·le de santé ou du secteur social, vous êtes soumis à une obligation légale de signalement en cas de danger, même partiel. L'anonymat est protégé pour les autres appelants.
Que se passe-t-il après un signalement au 3133 ?
Un écoutant spécialisé évalue la situation avec vous. Le signalement est ensuite transmis à l'autorité compétente selon sa nature : Agence Régionale de Santé (ARS) pour les établissements, Conseil Départemental ou DDETS pour les situations à domicile. Vous êtes informé·e par email de la suite donnée à votre démarche.
Peut-on signaler si on n'est pas certain qu'il y a maltraitance ?
Oui, et c'est même recommandé. Les professionnels du 3133 sont formés pour évaluer les situations ambiguës. Une suspicion, un faisceau de signes inhabituels, une parole de la personne âgée : tout cela mérite d'être partagé. Mieux vaut un signalement qui s'avère infondé qu'une maltraitance non détectée. Votre doute a de la valeur.
Quelle est la différence entre maltraitance et négligence ?
La maltraitance désigne un acte causant un préjudice. La négligence peut être active (on prive délibérément de soins) ou passive (on omet de répondre aux besoins par manque d'attention ou d'organisation). Les deux formes sont graves et peuvent justifier un signalement au 3133. La loi évalue le préjudice causé, quelle que soit l'intention.
La bientraitance : l'autre face de la prévention
Parler de maltraitance, c'est aussi parler de bientraitance. Cette approche consiste à placer la personne âgée au centre de chaque décision, à respecter ses choix, son rythme et sa dignité — même quand elle ne peut plus les exprimer clairement.
La bientraitance ne se décrète pas. Elle se construit au quotidien, dans les petits gestes, la communication, l'organisation des soins. Elle concerne aussi bien les aidants familiaux que les professionnels en établissement.
Pour les familles accompagnant un proche à domicile ou en EHPAD, cette notion peut aussi servir de boussole : si vous sentez que quelque chose s'éloigne du respect et de la dignité, il est légitime d'en parler et le 3133 est là pour vous écouter.

Trouver une résidence seniors ou un EHPAD adapté à votre budget, à votre urgence et à votre niveau d'autonomie.
04 72 69 89 09 ou Recherche en ligne
Recherche sur toute la France
Appelez-moi / Nous contacter
Votre de demande de renseignements a bien été prise en compte,
notre équipe y répondra dans les plus bref délais.
